L’Union Européenne et son engagement dans les EnR

By 13 août 2023Actualités

Les Energies Renouvelables comme solution dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Il est loin le temps de l’insouciance et de l’exploitation, de la consommation illimitée des ressources fossiles terrestres que sont le charbon, le pétrole ou bien encore le gaz naturel. L’heure est aujourd’hui à la modération allant jusqu’à la sobriété en tout cas à la prise de conscience d’un impératif : agir vite car il y a urgence. Le décompte est lancé et le couperet menaçant : si l’humanité ne coupe pas considérablement ses émissions de CO2 et de Gaz à Effet de Serre (GES), dans les années à venir, le réchauffement climatique dépassera la barre des : + 2°C. Alternance de sécheresse et d’épisodes d’inondations, une atmosphère qui se charge en dioxyde de carbone, autant de scénarios catastrophe qui sont malheureusement de plus en plus vérifiables.

L’Union Européenne a, depuis plus de 20 ans, oeuvré pour une politique climatique forte avec des directives à horizons 2020 puis 2030. Concernant l’horizon 2030 qui nous concerne actuellement, les grands objectifs ont été arrêtés par le Conseil Européen en octobre 2014. Aujourd’hui l’objectif n’est pas exclusivement de travailler sur l’horizon 2050 mais bien de réaliser ce qui a été prévu pour 2030.

La guerre en Ukraine menée par la Russie modifie la donne et impacte directement la politique européenne en termes d ‘approvisionnement en énergie. L’engagement de l’Union Européenne dans les EnR prend tout son sens.

1- Quid des énergies renouvelables

Il est important de revenir sur ce que l’on entend par énergies renouvelables, les EnR comme les nomme l’Union Européenne dans sa politique climatique. Il est bon de savoir que « EnR » est un acronyme que l’on retrouve dans bon nombre de textes et directives de l’Europe. Ces énergies sont dites renouvelables dans la mesure où elles sont inépuisables : c’est à dire que les ressources qu’elles utilisent se régénèrent plus vite qu’elles ne sont consommées. Les EnR n’émettent pas ou peu de déchets et polluent faiblement par rapport aux énergies fossiles.

On distingue six sources d’énergies renouvelables qui sont puisées dans la nature. Tout d’abord l’énergie solaire produite par les rayonnements du soleil. Puis viennent l’énergie hydraulique qui exploite la force de l’eau en mouvement, l’énergie éolienne qui est produite à base du vent, la biomasse issue de la matière organique, la géothermie qui puise la chaleur naturelle de la terre et l’énergie marine qui est produite par les courants de la mer et les marées.

Aujourd’hui le gaz vert issu de la méthanisation (fermentation de déchets organiques dans un milieu privé d’oxygène) est une alternative qui est notamment utilisée chez bon nombre d’agriculteurs. On parle de gaz vert.

Les Energies Renouvelables, représentent donc l’ensemble des énergies qui sont produites via une source dite inépuisable, sans risque de la détériorer.

La part grandissante des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial est l’un des axes clés de la transition énergétique. En effet l’objectif est d’atteindre les 32% d’EnR dans la consommation d’énergie mondiale d’ici à 2030.

2- Le cadre de l’Union Européenne en termes de transition énergétique

La législation de l’Union Européenne a beaucoup évolué ces 15 dernières années en matière de promotion des énergies renouvelables. En 2009,  elle s’était fixé comme objectif de faire passer à 20%, la part des énergies renouvelables dans sa consommation énergétique à l’horizon 2020. En 2018, cet objectif est passé à 32% d’ici 2030. En juillet 2021, du fait des nouvelles ambitions climatiques de l’Union Européenne, une révision de cet objectif l’a fait passer à 40% toujours à horizon 2030. En novembre 2022, le commission européenne a proposé un nouveau règlement temporaire d’urgence visant à accélérer le déploiement de sources d’énergies renouvelables.

Un futur cadre de l’action pour l’après 2030 est également en cours d’élaboration.

Petit retour historique

Le cadre européen du plan « Energie-Climat » est fixé en plusieurs étapes. Il a été dans un premier temps orienté vers le plan à horizon 2020 puis en 2014 le cadre à horizon 2030 a été fixé. Il a évolué depuis et nous y reviendrons.

Le paquet Energie-Climat 2020 consistait en un ensemble de directives, règlements et décisions, fixant les objectifs précis à horizon 2020 dont un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays de l’Union Européenne de 20% par rapport à 1990. L’année 1990 reste encore, pour les nouvelles mesures, l’étalon permettant de calculer la marge de progression.

Pour l’horizon 2030, les grands objectifs ont été fixés en 2014, comme évoqué ci-dessus. L’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% en 2030 par rapport à 1990 a été acté dans un engagement pendant les Accords de Paris en décembre 2015.

L’horizon 2050 prévoit une feuille de route exigeante fixée par la Commission Européenne : elle souhaite une économie sobre en carbone pour 2050. Elle propose des orientations et scénarios pour atteindre de manière optimale l’objectif que s’était fixée l’Union Européenne de réduire de 80 à 95% par rapport à 1990 ses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) d’ici à 2050. Le but étant la limitation du réchauffement global à moins de 2°C.

L’Union Européenne travaille encore sur l’horizon 2030

Il y a urgence, aussi l’Union Européenne a revu ses objectifs à plus court terme. En effet, Les Accords de Paris de 2015 ont fixé à 40% de réduction de GES domestiques, par rapport à 1990,  à horizon 2030. Une volonté de réduire toujours plus et plus vite les émissions de GES. L’Union Européenne a également fixé comme objectif d’utiliser au moins 27% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique globale des pays européens.

La politique climatique européenne est axée sur 3 points :

  • Le marché carbone européen EU-ETS. Il concerne les gros émetteurs de GES et permet un système de compensation carbone sur la base de quotas. Le but étant d’éviter, réduire et compenser l’émission de gaz à effet de serre.
  • Le partage de l’effort dans les secteurs du bâtiment, des transports, le l’agriculture et du tertiaire en mettant en place des solutions pour réduire la consommation énergétique polluante.
  • La politique UTCF valorise l’utilisation des terres, leurs changements en forêts afin de développer les puits de carbone.

Cette politique climatique menée par l’Union Européenne s’appuie sur 5 piliers. La sécurité d’approvisionnement énergétique est le premier (il est d’actualité). La pleine intégration du marché européen de l’énergie  renouvelable, l’efficacité énergétique comme moyen de modérer la demande, la décarbonation de l’économie et la recherche ainsi que l’innovation et la compétitivité en sont les 4 autres.

3- Fit For 55 : la feuille de route exécutive issue du Pacte Vert

La présidente de la Commission Européenne Ursula von Dder Leyen a annoncé en janvier 2020 un  « Pacte vert ». Ce « Green Deal » a pour objectif principal de ramener à zéro d’ici 2050, les émissions de gaz à effet de serre en Europe. Cette feuille de route environnementale vise également la transformation d’un certain nombre de secteurs (agriculture, industrie, finance…).

Fit For 55, ce sont 12 propositions de directives présentées en juillet 2021 dans le but de concrétiser le pacte vert voté en décembre 2019 et d’atteindre la neutralité carbone.

De nouveaux objectifs sont issus de Fit For 55 : on passe à 55% de réduction d’émissions de GES d’ici à 2030, on impose de passer à 40% d’utilisation d’énergies renouvelables (EnR). Le but est que tous les acteurs économiques atteignent la neutralité carbone d’ici 2050.

On travaille sur l’équilibre entre réduire les sources d’émissions de GES et inciter les puits de carbone avec un ensemble de mesures imposées aux états membres de l’Union Européenne. Cela implique des changements et des orientations dans le chauffage et la climatisation, davantage d’utilisation d’EnR dans le secteur industriel, dans le bâtiment et de réduire de 13% les émissions de GES dans les transports et d’exploiter davantage la biomasse dans les forêts ou les zones humides.

3- Où en est-on en Europe ?

Avec 60,1% d’énergie produite à partir de sources renouvelables dans sa consommation finale brute, la Suède faisait figure de « premier de la classe » en 2020 en la matière. Ce pays dépassait alors la Finlande (48,8%), la Lettonie (42,1%) et l’Autriche avec 36,5%). A l’autre bout du classement figurait Malte avec 10,7%, le Luxembourg (11,7%) ou la Belgique avec 13%. Au total, ce sont 26 états membres de l’Union Européenne qui ont atteint ou dépassé leurs objectifs. Au final, la France est le seul pays d’Europe à ne pas avoir atteint l’objectif qu’elle s’était fixée pour 2020.

Aujourd’hui, à l’impératif de la transition énergétique en vue de sauver la planète s ‘ajoute la nécessité de mettre fin à la dépendance des énergies fossiles russes. La guerre qui sévit en Ukraine causée par la Russie, accélère la nécessité de trouver de nouvelles sources d’énergies. L’Europe a donc récemment présenté un plan destiné à transformer le système énergétique du vieux continent. Le 18 mai 2022, l’Union Européenne a donc présente le plan « RePower EU » en réponse aux difficultés d’approvisionnement liées au conflit Russo-Ukrainien. Une large batterie de mesures qui sont applicables aux bâtiments, logements, aux infrastructures et aux énergies. L’économie d’énergie est donc au coeur du sujet.

Sources : Ministère de la Transition Energétique ; Commission Européenne

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